Souvenange Marche Paris 2018

Photographe Bénévole pour Souvenange

Céline Non classé Leave a Comment

Je suis photographe bénévole pour Souvenange.

Un engagement qui me tient à coeur. Aujourd’hui, journée internationale du deuil périnatal, j’ai photographié la marche parisienne. Une marche remplit d’émotions sous les doux rayons de l’automne.
Souvenange Marche Paris 2018
Je n’en parle pas beaucoup mais cela fait un an que je suis photographe bénévole Souvenange, une association qui propose un accompagnement par la photographie lors d’un deuil périnatal.
Souvenange a pour mission de proposer des images douces de leur enfant. Tous les parents méritent de belles images de leur bébé. Des images qu’il pourront montrer à leur entourage pour matérialiser l’existence de leur bébé, les aider dans leur deuil.
On pense que perdre un enfant pendant la grossesse ou quelques heures après sa naissance n’arrive qu’aux autres. Malheureusement il y a beaucoup de femmes autour de nous à qui c’est arrivé, mais elles n’en parlent pas. Pourquoi ?
Parce que la mort c’est tabou. Encore plus la mort d’un bébé.
Souvenange Marche Paris 2018
Or le bébé a grandit dans le ventre de sa maman. Elle l’a senti bouger, elle accouche, et puis plus rien. Un vide. Une expérience que personne ne peut imaginer.
Les réactions sont souvent maladroites et puis à qui parler d’un enfant que personne n’a vu ?
Je me suis engagée auprès de Souvenange après la rencontre d’une Mam’ange en 2016. Son histoire m’a touché, sa force intérieure m’a interpellé, son amour pour son enfant m’a fait m’engager. Elle n’avait que des images prises par les sages femmes. Je ne critique aucunement leurs images, elles font comme elles peuvent avec le matériel qu’elles ont mais au final les parents ne peuvent pas les montrer. Et pourtant ce sont les seules images qui témoignent du bref passage de leur enfant. J’ai retouché ces images pour qu’elle puisse enfin les montrer à sa famille, les regarder avec douceur, laisser une image de son ange dans sa chambre.
Une autre mission de Souvange est l’intervention photographique en maternité. Quand on devient bénévole, on choisit ses missions. Je ne pensais pas faire de prise de vue tout de suite, ne me sentant pas prête. Un décès dans ma famille m’ayant beaucoup affecté, je ne pensais pas pouvoir me retrouver face à la mort. La présidente me forme (au cas où) relativement rapidement car en Ile de France nous manquons de bénévoles. La formation dure 4 heures, nous passons en revue la législation, les protoles autour des interruptions de grossesse ou des décès après accouchement, le déroulé d’une intervention. C’est intense. J’écoute. Je ne pose pas beaucoup de questions, je digère toutes ces informations. Je me questionne sur ma relation à la mort, pourquoi je me suis lancée dans cette association; les choses s’éclaircissent.
Une semaine après une intervention s’annonce. Je ne me sens pas prête mais je ne me vois pas dire non. Comment pourrais-je décevoir ces parents qui vivent un cauchemar? Je suis tétanisée par l’inconnu, mais surtout ne pas savoir comment j’allais réagir face à un bébé sans vie.
Et puis l’intervention se passe. Je suis en sueur, j’ai le coeur qui palpite mais je me sens lionne. Je suis déterminée, mon appareil photo est mon bouclier. Je me concentre sur la mise au point, le bon angle, mes réglages. Est ce que j’ai pensé à tout ? Les petits pieds, les petites mains ? Je me tourne vers la sage femme, et lui fait un signe de la tête puis elle reprend le petit ange. En sortant je ne vois plus les choses de la même façon. Je souris à la vie, je mesure ce que j’ai accompli pour apporter un peu de réconfort à cette famille. Moi qui m’en sentais incapable, je me sens forte. Finalement, on ne sait pas de quoi on est capable.
Je n’arrive pas à traiter les images tout de suite. Hélène, la présidente nous a toujours dit qu’on pouvait très bien déléguer la retouche à un autre bénévole. Mais c’était inconcevable pour moi, je n’aurai pas terminé ma mission. Je fais donc ma sélection, je retouche les images, j’imprime une dizaine puis j’envoie la boite à la maternité (convention).
Depuis j’ai fait 7 interventions. Et quand je rencontre les parents, il se passe quelquechose de très fort. L’énergie est puissante, je ressens un amour incroyable puissant entre le couple et envers leur bébé.
Après chaque intervention, je repousse mes limites et je perçois une énergie très puissante. Je grandis.
Souvenange Marche Paris 2018

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